« Non » à l’initiative sur la neutralité – pour une Suisse responsable

02/08/2026

Le 27 septembre, la population suisse se prononcera sur l’« initiative sur la neutralité ». Le SCI Suisse, en collaboration avec une large alliance de la société civile, a appelé à voter « non ». Nous en sommes convaincus : si l’ initiative était adoptée, la Suisse serait moins à même d’agir en cas de crises futures, se désengagerait davantage de ses responsabilités mondiales et affaiblirait sa tradition humanitaire.

À propos de l’initiative

L’initiative « Sauvegarder la neutralité suisse  » ne protège pas la neutralité, mais la met en péril. À nos yeux, elle constitue au contraire une attaque fondamentale contre les valeurs et la tradition de la Suisse – et une nouvelle tentative de faire passer les intérêts économiques avant les droits de l’homme. Cette initiative – qui doit beaucoup à Christoph Blocher – s’inscrit dans la lignée des milieux conservateurs de droite et eurosceptiques. Les « bons offices » de la Suisse en faveur de la paix et de la compréhension, ainsi que sa crédibilité, s’en trouveraient considérablement affaiblis sur la scène internationale.

Depuis la fin de la Guerre froide, la politique étrangère suisse repose sur le principe selon lequel la coopération est le meilleur moyen d’assurer la paix et la sécurité internationales. Cette approche a apporté de nombreux avantages à la Suisse et lui a permis d’influencer positivement les développements internationaux.

L’initiative sur la neutralité, en revanche, vise à imposer une interprétation très stricte de la neutralité suisse. Elle souhaite inscrire dans la Constitution une « neutralité perpétuelle et armée » et réduire au minimum la coopération en matière de politique de sécurité. Aujourd’hui, la politique de neutralité relève de la compétence du Conseil fédéral et du Parlement. Cela confère à la Suisse la flexibilité nécessaire pour adapter sa neutralité aux évolutions géopolitiques, participer à des coopérations internationales telles que le « Partenariat pour la paix » et imposer de manière autonome des sanctions à l’encontre d’États belligérants. C’est précisément cette marge de manœuvre qui serait restreinte par l’initiative.

Notre position

Le Service Civil International Suisse rejette cette initiative. Pour nous, la neutralité suisse n’est pas synonyme de passivité politique, mais de responsabilité : une position claire en faveur des droits de l’homme et la volonté de soutenir des accords internationaux même lorsqu’ils entraînent des coûts économiques.

Nous défendons la tradition d’une Suisse neutre, qui soutient les initiatives diplomatiques et humanitaires visant à résoudre les conflits internationaux et qui mise sur la coopération.

Nous demandons donc :

  • La coopération plutôt que l’isolement : pas d’actions unilatérales de la part de la Suisse, mais une coopération cohérente et une concertation internationale – y compris en matière de sanctions. Cela renforce l’ordre international, instaure la confiance et favorise la paix et la sécurité. Les coopérations préventives en matière de sécurité et la prévention coordonnée revêtent une importance particulière. Les principales victimes des conflits armés sont toujours les civils et l’environnement. En revanche, ceux qui en tirent profit sont les autocrates, les grands groupes d’armement et d’autres secteurs économiques.
  • La Suisse ne doit pas devenir un refuge pour les autocrates et les activités illégales : nous devons préserver la possibilité de recourir à des mesures coercitives non violentes, en particulier des sanctions économiques. La Suisse défend ainsi le droit international et ses valeurs sur la scène internationale. Nous rejetons toutefois la reprise automatique des sanctions ; chaque mesure doit être soigneusement examinée et ciblée avec précision, car les sanctions touchent souvent durement la société civile locale. Dans le même temps, on constate régulièrement que les sanctions internationales ne produisent leurs effets que lorsqu’elles sont largement mises en œuvre. Si la Suisse renonce à une telle mise en œuvre, ce sont les acteurs belligérants ou autoritaires qui en profitent ; la Suisse devient alors un « refuge sûr » pour les profiteurs de guerre, tandis que les sanctions perdent de leur efficacité. De plus, cela envoie le signal désastreux selon lequel les règles convenues d’un commun accord peuvent être bafouées sans conséquence.
  • Pas d’affaiblissement des droits de l’homme et du droit international : au lieu d’une « neutralité renforcée », il faut promouvoir vigoureusement les efforts diplomatiques et humanitaires. Cela implique notamment des moyens suffisants pour le DFAE ainsi qu’un regard critique sur les dépenses militaires de la Suisse, en hausse depuis des années. Car les armes n’ont encore jamais mis fin à une guerre. Le dialogue et les négociations, en revanche, oui !
Notre conclusion

Pour ces raisons, le SCI Suisse rejette l’initiative « Sauvegarder la neutralité suisse ». Nous défendons la neutralité militaire dans les conflits entre États tiers, les bons offices et l’aide humanitaire aux victimes de conflits. Dans le même temps, nous refusons que la Suisse renonce à des mesures légitimes, non militaires et non violentes. Le droit international est essentiel à l’existence et à la survie de la Suisse, ainsi qu’à son intégrité territoriale. Il lui appartient désormais de continuer à le soutenir sans réserve.

C’est pourquoi nous devons, ensemble, dire clairement « non » à l’initiative sur la neutralité en septembre !

You May Also Like…

https://samouraimma.com/